
Le Puy-en -Velay, jour off (gîte d'étape) 27/04/2026
Jour 50
Je pars tranquillement le matin me chercher un nouveau Tshirt mérinos dans la périphérie du Puy, puis je reviens flâner et jouer les touristes dans la ville. Je marche les yeux en l'air, bouche bée, regardant toutes les plaques apposées sur quasiment chaque maison et qui en identifie les habitants ou la destination.
Les bâtiments sont joliment et harmonieusement colorés, construits en pierres d'origine volcanique:
La brèche volcanique (rouge ou verte) : Utilisée comme pierre de taille, notamment dans les façades de la célèbre Cathédrale Notre-Dame du Puy-en-Velay.
Le basalte : Cette roche noire ou bulleuse (résistante au gel) sert pour les soubassements, les encadrements et le pavage.
Le tuf : Extrait directement des rochers volcaniques (comme le rocher Corneille), il est utilisé comme pierre de construction.
L'arkose de Blavozy : Un grès jaune clair (feldspathique) utilisé pour les éléments décoratifs, les portails et certaines façades.
Une maison dédiée aux jacquets les accueille pour obtenir guide, crédential, et leur narrer l'historique de ce sentier.
Après le petit tour en ville, dans la cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation du Puy-en-Velay, et son musée, je monte au pied de la statue Notre-Dame-de-France, dont le belvédère offre une vue à 360°.
La Statue de Notre-Dame de France est une véritable prouesse technique du XIXème siècle. Elle a été créée, en 1860, avec le métal de 213 canons pris aux russes, lors de la guerre de Crimée et offerts par Napoléon III à la ville du Puy-en-Velay.
Elle est haute de 22,70 m et lourde de 835 tonnes. Un escalier intérieur permet d'y monter et d'avoir une vue spectaculaire depuis le sommet.
Je descends de mon premier perchoir pour monter sur le rocher Saint-Michel. Je m'attendais à souffler sur les 268 marches. Elles se montent en fait sans qu'on s'en aperçoive. La sensation est étonnante.
Je visite l'église Saint-Michel, aux peintures usées par le temps, mais en cours de restauration. Le lieu est également destiné à la célébration des anges, en particulier, les archanges Michel, Gabriel et Raphaël.
Et je conclus ma journée par l'église du Collège, première église jésuite de France, construite en 1605. C'est dans cette église que se trouve le sanctuaire de Saint-Jean-François-Régis, apôtre du Velay et du Vivarais, né en 1597 à Fontcouverte et décédé à Lalouvesc en 1640.
Au Puy, Saint-Jean-François-Régis crée un refuge pour accueillir les femmes prostituées repenties, une sorte de soupe populaire "l'œuvre du bouillon", il défend la cause des dentellières et obtient du parlement de Toulouse le droit de fabriquer à nouveau la dentelle, principale source de revenu des habitants pauvres.
Bien qu'il soit devenu le saint patron des dentellières, dans les magasins pour touristes, on ne trouve aucun objet "attrape-touriste" qui lui soit dédié, alors que les chemins de Compostelle et de Stevenson y sont largement représentés. Je m'en suis même étonnée auprès d'un artisan dentellier, qui fabrique lui-même les dentelles aux fusains qu'il vend. Il m'a dit réfléchir à l'idée de créer des objets en mémoire de Saint-Régis. J'ai eu le sentiment que c'était la première fois que les commerçants voyaient quelqu'un leur parler de l'absence de représentation de Saint-Régis sur les objets vendus!
Encore une ville pour laquelle j'ai eu un vrai coup de cœur, et je me promets d'y revenir pour prendre le temps d'y jouer les touristes.
































