
De Champagne à Saint-André-en-Vivarais (gîte d’étape) 30/04/2026
Jour 53
La journée démarre tranquillement, et, en rejoignant le GR, j'ai la confirmation qu'il n'existe pas vraiment d'endroit propice à un bivouac, le sentier se prolongeant au cœur de vastes prairies dégagées.
Je continue à prendre des raccourcis de temps en temps sur le sentier, que ce soit en forêt ou au milieu des espaces agricoles, parce que je ne suivrai pas de façon exhaustive les GR 430 et 420, ni, de fait, le GR 7, donc, je m'économise.
Je retrouve régulièrement un horizon pollué par des éoliennes qui sont plus ou moins à l'arrêt. Et, comme le panorama est finalement peu varié, je ne monte sur le mont Chiniac à Saint-Agrève, monter quelques mètres plus haut n'aurait pas amélioré mon point de vue.
Après Saint-Agrève, je quitte un peu les prairies pour retrouver des forêts de pins et de fayards.
Tandis que le sentier s'élève, j'aperçois le Mézenc, très lointain à l'horizon, et encore lointain comme destination à venir.
Le cheminement se fait sur des sentiers forestiers plus agréables, malgré l'irrégularité du sol et les pierres plus présentes. Les myrtilliers font leur réapparition. Par contre, les pins sont, là également, atteints par le scolyte et ont nécessité de vastes abattages.
Je me dirige ensuite vers le lac de barrage du Devesset, situé à 1000 m d'altitude, en Ardèche. Et je quitte le GR 430 à ce niveau, pour rester sur le GR 7 et GR 420.
A hauteur de Devesset, je monte sur la petite colline qui accueille les calvaires et l'ancienne commanderie de l'Ordre de Malte.
Je termine à nouveau ma journée dans un gîte d'étape que j'avais réservé depuis Paris lors de ma préparation du trek: j'avais vu qu'il risquait de pleuvoir à cette période en Ardèche, et je n'avais pas vraiment pu repérer d'endroit propice au bivouac. Je suis donc allée, à nouveau, vers le pratique et le confort d'une réservation qui assurait ma nuit.
Et, finalement, il a plu en fin de journée et début de soirée.
Le gîte d'étape, à Saint-Laurent-les-Bains, ressemble à un ancien relais routier, avec l'ambiance locale des ouvriers forestiers qui se retrouvent après la journée de travail. Ils carburent aux tournées de Get 27.
Lorsque je décris un peu mon périple, Marc D., figure locale, un ancien du village et "patriarche" des forestiers, est ému aux larmes. Je suis touchée et surprise par son émotion, tant je trouve leur travail bien plus éprouvant que mes petites marches de loisir où je me paie le luxe de soirées tout confort.
Il tient à me payer ma consommation, mais je ne participerai pas aux tournées alcoolisées.
Le repas est à l'image du décor: simple mais délicieux. La chambre est également dans l'ambiance, vieillotte, mais confortable.












