
De Bourbonne-les-Bains à la chapelle Notre-Dame-de-Presles (bivouac) 03/04/2026
Jour 26
Je démarre dans la grisaille et dans la brume. Celle-ci m’accompagne jusqu’à la mi-journée.
Après les belles maisons bien entretenues et bien fleuries des Vosges alsaciennes, je suis surprise par l’état de vétusté, pour ne pas dire d’abandon, des maisons et villages traversés.
J’arrive à Varennes-sur-Amance, village natal de l’académicien et prix Goncourt (1929) Marcel Arland. Reconnue comme terre d’origine de Saint-Gengoulf, vaillant soldat de Pépin-le-Bref, Varennes fait l’objet d’un culte international pour les gens du nord-est qui viennent se recueillir sur le tombeau de Gengoulf, dans la chapelle du même nom. Il est invoqué pour l’union des ménages et devint le saint patron des maris trompés. (À son retour de la guerre, ce seigneur quitta sa femme qui l'avait trompé, et cette dernière envoya son amant l'assassiner).
Peu après Varennes, je découvre le Centre Paramita, lieu de pratique et d’enseignement du bouddhisme tibétain.
Le sentier repart ensuite dans la forêt, avec son lot de boue, de submersion, et de chemin tranquille et agréable sur une herbe verte bien tendre.
J’arrive à mon étape de la journée, la chapelle Notre-Dame-de-Presles (commune de Marcilly-en-Bassigny), du XIVème siècle. Cet endroit était autrefois un lieu de pèlerinage très fréquenté, on venait de loin révérer la statuette de la vierge et la source réputée miraculeuse, dans la crypte voutée en berceau brisée située sous le chœur de la chapelle.
Une légende raconte son origine : Dans des temps lointains, un pâtre qui s'en allait régulièrement mener son troupeau dans le vallon de Presles, remarqua que l'un de ses bœufs mangeait sans cesse au même endroit et que l'herbe y repoussait pourtant très rapidement. Intrigué, il se mit à creuser et découvrit une statue de la Sainte Vierge portant l'Enfant Jésus. Transportée dans l'église du village, elle disparu et se retrouva par trois fois à l'endroit de sa découverte. On comprit alors que la sainte désirait être honorée dans ce lieu isolé ; c'est pourquoi on bâtit la chapelle et on organisa un pèlerinage. Ce pèlerinage est favorable, dit-on, aux époux souhaitant avoir un enfant.
N’ayant pas trouvé d’endroit suffisamment « confortable » pour planter ma tente, je choisis de dormir dans le bivy. Vers 1h du matin, une pluie fine commence à tomber. Je me dis qu’elle est fine, et que, comme la météo ne l’avait pas prévue, elle devrait cesser rapidement. Je reste donc exposée jusqu’à ce que l’eau ruisselle sur mon visage, et que je me décide, à 5h du matin à partir me réfugier, trempée, dans la chapelle. Je mets le matelas directement sur le sol, sans protection - cette erreur sera fatale à mon matelas, mais la conséquence ne se révélera que bien plus tard -, et étale le reste de mes affaires sur les bancs. Malgré l’humidité ambiante, j’arrive à retrouver une petite heure de sommeil.
















