
Du rifugio Quintino Sella au rifugio Granero (refuge)
Jour 04
Malgré le départ des alpinistes à 4h30 du matin, la nuit fut plutôt calme (pas de ronfleurs cette nuit, à la différence d'hier, et de demain).
Mais, au moment du petit déjeuner, le gardien du refuge nous demande d'attendre: il y a eu un éboulement de pierres, sur les flancs du Viso, au départ des sentiers menant vers les prochains refuges au nord, ou vers le parking en vallée d'où sont partis certains randonneurs ou alpinistes.
Je commence à réfléchir à la suite, notamment quel plan B si je ne peux pas continuer dans le sens prévu. À force de réfléchir, de regarder la carte (sans réseau, j'ai donc acheté une carte papier pour la suite), je me dis que je ne veux pas monter au refuge Giacoletti comme prévu, je n'aurai pas le temps de faire la journée initialement prévue, avec les difficultés et le dénivelé à absorber. Je regarde mal les courbes de niveau, et me dis que de passer par les col Armoine puis Manzol sera plus tranquille.
Je demande au gardien d'annuler ma réservation au refuge Jervis, et il me prend la dernière place disponible au refuge Granero.
La sécurité montagne, après avoir observé le contexte en hélicoptère, nous annonce, à 9h30, que le sentier est sans danger. Mais nous devons attendre l'autorisation officielle de la préfecture. En fait, dès que nous savons que le sentier est sûr, nous nous élançons, avec donc, en ce qui me concerne, près de 2 heures de retard. Je suis contente d'avoir raccourci ma journée.
Par contre, dans ma précipitation à partir, j'oublie de lancer l'enregistrement de la trace. Je m'en rendrai compte 1 heure et demi, et 6 kilomètres plus loin.
Les pierres continuent de tomber, tandis que nous sommes sur le sentier, à distance largement sécurisée. Mais tout est recouvert de poussière blanche, la même que je vois s'échapper du couloir qui s'effondre. Heureusement pour les alpinistes, ce n'est pas du côté de l'ascension.
Le sentier quitte l'environnement rocheux pour nous amener sur de la prairie à marmottes. Je contourne le lago Chiaretto pour rejoindre le lago Laussetto, un peu asséché, puis le lago Superiore. Et je prends conscience du fait que le sentier descend sec, ce que je n'avais pas anticipé.
À l'approche de la cascade, qui provient du lago superiore, je me dis "qu'ils ne vont pas nous faire traverser ça", eh bien si! Un câble est tendu pour permettre de franchir cette cascade. Une belle expérience mouillée.
La remontée au col d'Armoine s'est faite en douceur, par de grands lacets sur de la prairie. Au loin, le Viso continue d'envoyer ses fumerolles, mais nous ne l'entendons plus.
Après une petite redescente, le col de Manzol s'annonce, dans les pierriers. Je le découvre étonnamment raide, m'obligeant régulièrement à mettre les mains. Il atteint des pentes qui avoisinent les 50%, je n'ai jamais franchi une telle pente!
Je souris de mon choix de chemin, que je pensais plus facile, mais qui est en fait plus sollicitant, sans être forcément technique ni vertigineux.
Peu après le franchissement du col, après des petits lacs glaciaires, le refuge Granero se montre, au pied du mont Granero. Plus bas, dans la vallée se trouve le refuge Willy Jervis que j'ai prévu de rejoindre demain.
Devant le refuge se trouve un petit étang qui sert de miroir aux reliefs environnants.
Je suis très contente de ce détour improvisé.
Au repas du soir, un habitué nous dit "qu'il faut faire le tunnel de Traversette", par contre, il n'était jamais passé par la cascade avec son franchissement câblé.
J'entends l'information, et me dis que je serai bien la seule touriste à avoir fait le tour du Viso sans passer par le tunnel de la Traversette.





















