
De Rilly-la-Montagne à Avenay-Val-d'Or
Jour 02
Déjouant les prévisions météo, la pluie s’abat abondamment pendant plusieurs heures durant la nuit. Réveillée, je commence à m’inquiéter pour demain, nous imaginant marcher sous la pluie. Entre temps, la température a nettement fraichi. Nous devons enfiler toutes nos couches de vêtements, ce qui se révèlera néanmoins insuffisant. Heureusement, Lilou a sa petite couverture/sac de couchage qui lui tient bien chaud, elle a rapidement trouvé sa place, épuisée par sa journée de marche.
Au réveil, la pluie s’est calmée, la tente n’est plus trop mouillée, et, malgré le ciel bleu, des nuages gris nous semblent bien trop proches.
Nous nous enfonçons dans la forêt domaniale du Chêne à la Vierge, sur un chemin bien praticable par le chariot dont j’apprécie vraiment le confort, surtout lorsque je dois porter Lilou de temps à autre. En effet, outre sa fatigue, elle s’est quasi arraché un ongle d’ergot, et elle boîte bas.
Nous arrivons au sommet de la route de la Haute Borne vers midi. Nous faisons notre pause déjeuner et, examinant Lilou, je constate que l’ongle s’est presque complètement enlevé, laissant la pulpe à vif. Je protège sa blessure avec des pansements Compeed (®), ce qui la soulage. Ouf !
Une météo nous annonce une pluie continue jusqu’au soir, une autre un orage vers 16h. Nous essayons donc de presser le pas, et les roues, pour tenter d’arriver avant la pluie, sachant que je ne suis pas sûre de l’endroit que je trouverai pour bivouaquer, et qu’il nous faudra bien une bonne ½h pour monter la tente.
Nous avançons dans la forêt, bien touffue, n’offrant pas ou peu de visibilité vers les alentours. En descendant vers Mutigny, la vue du sentier s’ouvre vers les vignobles, que nous traversons, toujours au milieu des ouvriers vendangeurs (beaucoup de bulgares). Ma partenaire étant malade, nous court-circuitons un peu le GRP, mais des erreurs d’aiguillage rallongent malgré tout la route.
Tout cela pour arriver finalement vers 15h30 à Avenay-Val-d’Or, soit bien tôt, et, surtout bien trop tôt pour l’épicerie du village qui n’ouvre qu’à 16h30. Nous connaissons un petit (gros) moment de panique : nous sommes à sec d’eau et des jeunes filles croisées dans le village nous disent que oui, l’épicerie va ouvrir… d’ici quelques semaines !
Deux jeunes enfants nous rassurent ensuite en nous confirmant le fait que l’épicerie ouvre bien à 16h30 comme je l’escomptais.
En fait, bien que ce village possède une gare SNCF, une église du XIIIème siècle inscrite aux monuments historiques depuis 1845, l’église de Saint-Trésain, et qu’il abrite, comme tous les villages alentour, de nombreux exploitants viticoles, il semble déserté par ses commerces (bar-tabac, boulanger-patissier notamment, et boucher en arrêt maladie), seule cette minuscule épicerie, aux rayons maigrichons, et un coiffeur, semblent survivre.
Par contre, faisant mentir une nouvelle fois la météo, nous aurons marché en fait sous un soleil omniprésent et bien agréable.
Ma partenaire est très mal en point, j’essaie de voir comment raccourcir la journée pour trouver un spot de bivouac plus proche, et je découvre la présence d’un lavoir ! Eurêka, nous sommes sauvées, j’espère juste que nous pourrons nous y poser, sinon, j’ai repéré un potentiel spot de bivouac un peu plus loin. Une fois ravitaillées en eau, nous arrivons au lavoir qui est juste idéal pour nous accueillir.
Les villageois ne semblent même pas étonnés de nous voir là.
Après une nouvelle nuit un peu réfrigérée, il est évident que ma partenaire ne marchera pas une journée de plus. Nous prenons donc le train à Avenay-Val-d’Or pour rejoindre notre domicile. Lilou est épuisée et dort toute la journée, emmitouflée dans sa couverture, malgré le soleil resplendissant.
Mais ce n’est que partie remise, nous reviendrons finir ce mini trek, si possible en septembre.









