
De la falaise du Rachet au lac des Mortes (bivouac) 26/08/2025
Jour 16
Une belle grosse journée avant de nouvelles intempéries.
Je repasse par les Planches-en-Montagne, et, suivant l’Échappée jurassienne, le long des gorges de Malvaux. Je passe devant la cascade du Bief de la Ruine, à sec, puis dans un tunnel long de 180m, ce qui nécessite d’allumer la lampe du portable, et génère un enregistrement en ligne droite car le GPS perd le contact avec les satellites. Je rejoins le GR 509 à Foncine-le-Haut où je fais ma halte déjeuner.
Le sentier s’élève, suivant un chemin de croix. Sachant qu’il me reste encore une bonne dizaine de kilomètres, que la pluie menace, je renonce à aller voir le Creux Maldru, grotte dans laquelle j’avais initialement prévu de dormir, et préfère continuer d’avancer, pour faire des petites journées ensuite, car la pluie est annoncée.
Du fait de travaux forestiers, le GR est détourné le long des tourbières de la Chapelle-des-Bois et son « Cimetière des pestiférés »: malgré la création du cimetière du village en 1640, les morts de la peste, dès 1639, par souci d’hygiène, étaient ensevelis au bord du Grand Bief, dans la tourbière. Pour mémoire, la peste fit de gros ravages dans la région, notamment pendant la guerre de 10 ans (1634-1644), épisode comtois de la guerre de 30 ans.
Les chapellands du XVIIème siècle devaient penser que la tourbe recouvrirait rapidement les corps et empêcherait la dispersion des miasmes. Mais il semblerait que l’eau de cette tourbière alimentait les voisins fonciniers, qui durent subir la contamination…
La croix qui marque l’emplacement du cimetière, fut, jusqu’à la Révolution, le terme d’une procession qui partait de l’église chaque 16 août. Les fidèles chantaient le « libera me » et se dispersaient après la prière de l’Absoute récité par le prêtre desservant.
Arrivée aux lacs, je pensais me poser entre le lac des Mortes et le lac de Bellefontaine. Inquiétée par les alertes météo et la proximité de l’eau, j’ai préféré remonter, sur une aire de pique-nique où j’ai tant bien que mal (mal, en fait), posé ma tente, sur un sol trop dur pour des piquets, juste avant que la pluie ne se déchaine et ne dure toute la nuit.











