
France : du Jura à la Méditerranée
Le temps venu de ma retraite me permet d'envisager des itinérances plus longues; je choisis d'abord de coupler la Grande Traversée du Jura au GR 9.
Ce long trek traverse plusieurs parcs naturels, à la végétation et aux reliefs contrastés, souvent très rocailleux, parfois escarpés, pour finir en douceur les pieds dans la mer.
Tous les sens en éveil, je marche.
Je sais la fatigue qui s'envole dès les premiers kilomètres parcourus, mais qui peut m'envahir à nouveau dès qu'une progression me semble trop monotone.
Je sais les moments de doute, de découragement, l'envie d'être hélitreuillée à mon point d'arrivée, de me coucher là, et qu'on m'apporte un lit et un repas chaud, ou de me fondre sous un jet de douche chaude pour décrasser les kilomètres de poussière ou de boue.
Je sais la difficulté de la montée qui n'en finit pas, et la joie intense à l'arrivée au sommet.
Je sais le ravissement des petits matins, des chants d'oiseaux, des couchers de soleil en camaïeux de bleus ou d'oranges.
Je sais l'inconfort des jours de pluie, des vêtements trempés, des chemins boueux.
Mais avant tout, je sais la joie enfantine sans cesse renouvelée à chaque pas.
Réalisation du trek : 51 jours de marche, 6 jours de pause
Je vais m’expédier un premier gros colis chez des amis que je rejoins dans le Jura, chez qui je m’arrêterai 3 fois pour me ravitailler, puis un colis dans le courant du GR 9, ensuite, je ferai avec les commerces sur le parcours.
Une des particularités du Jura est son sol calcaire : l’eau s’infiltre dans le sol, donnant lieu, au fil des siècles, à la création d’un relief karstique constitué de grottes, galeries, gouffres et falaises. La végétation est bien verte, soutenue par l’irrigation du sol, mais, pour le trek, c’est compliqué : non seulement le sol est très empierré, ce qui ne permet pas de planter ses piquets de tente, mais, surtout, comme l’eau s’infiltre très vite dans le sol, il n’y a pas de ruissellement en surface qui permette, comme sur d’autres massifs, de se ravitailler en eau. Certains jours, je suis partie avec 3,5l voir 4l de liquide sur moi car il n’y avait pas non plus de village sur ma route, et je ne me sentais pas de prendre l’eau stagnante des citernes pour le bétail. J’aurai ce même souci sur le massif de la Chartreuse.
Mon expérience sur cette première longue itinérance :
J’ai dû changer ma paire de chaussures en cours de route (je m’en étais envoyé une paire neuve dans un colis). J’ai la confirmation du fait que mes chaussures sont de vrais chaussons, mais qu’elles ne résistent pas au-delà de 1000 km (usure de la semelle extérieure et écrasement de la semelle intérieure, ce qui fait perdre l’amorti).
Sur mes précédents treks solo, j’avais pu remarquer que j’avais un peu plus faim sur les derniers jours, ce phénomène était encore plus criant cette fois-ci, et j’ai naturellement augmenté mes rations de repas sur les derniers jours (j’ai perdu 4 kg, les 2 de trop au départ puis 2 par rapport à mon poids habituel, ce qui correspond à ma perte classique d’1 kg sur mes treks d’environ 24 jours).
Compte tenu de la durée et du kilométrage de ce trek, bien qu’il n’y ait pas tant de dénivelé que ça, j’ai recentré le parcours sur le tracé des GR et lâché les « petits » détours initialement prévus : soit je fais le trek, soit je fais du tourisme. J’ai choisi le trek.
Sur le plan de ma santé, j’ai nettement senti durant le Jura que j’étais encore convalescente, le souffle restait court et je faisais des petites étapes. Puis mon corps a retrouvé ses marques et m’a permis ultérieurement d’avaler pentes et kilomètres de façon plus confortable.
Menu déroulant :
J01 à J27 : GR 509
J28 à J43 : GR 9 partie 1: Jura, Chartreuse, Vercors, Baronnies provençales
J44 à J57 : GR 9 partie 2: Ventoux, Lubéron, Sainte Baume































